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Tudesq André-Jean


Date de parution : 2009-04-20    -    Télécharger l'article :



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Médias et transfert de modèles, les radios de proximité en Afrique sub-saharienne : un modèle autochtone ?

  Les radios de proximité en Afrique présentent un modèle, et sans doute le principal modèle, d'appropriation africaine d'un média. Si ce modèle présente de multiples formes, il représente l'appropriation d'un transfert de technique de communication à la fois par ceux qui émettent et par ceux qui écoutent, tant par l'emploi des langues africaines que par l'implication des auditeurs dans les contenus des émissions où l'on retrouve la diversité des sociétés africaines. Leur principale difficulté sera de maintenir un équilibre entre l'ouverture sur l'extérieur et la modernité et le maintien du lien social qu'elles établissent avec et entre leurs auditeurs

André-Jean Tudesq, professeur honoraire de l'Université de Bordeaux, a publié de nombreux ouvrages et articles sur les médias en Afrique, notamment L'espoir et l'illusion : actions positives et effets pervers des médias en Afrique subsaharienne, Bordeaux : Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, 1998 ; L'Afrique parle, l'Afrique écoute, Paris : Karthala, 2002, etc. Cet article est inédit dans sa version électronique. Il a été publié pour la première fois sur le site du GRER en avril 2009. Une version orale en a été présentée lors du colloque Modèles, fabrication et usages de modèles dans l'analyse des Afriques de la mondialisation-Making and uses in a globalized Africa, Bordeaux - 3 et 4 février 2006. Une rencontre dirigé par Dominique Darbon et qui était organisée par la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine, le Centre d'Étude d'Afrique Noire et l'Institut d'Études Politiques.

Pour citer ce texte, veuillez utiliser les références suivantes : Tudesq (André-Jean), «Médias et transfert de modèles, les radios de proximité en Afrique sub-saharienne : un modèle autochtone ?», Site Internet du Grer [ http://www.grer.fr/ ] , 2009, 12p.



Les médias résultent en Afrique de transfert de technologie comme les moyens modernes matériels de communication. Mais ils ont aussi provoqué des transferts de connaissances, de concepts, de représentations. Ils ont transféré des pratiques, de lecture, de nouvelles conditions d'écoute et de vision. Tous ces transferts, venus d'abord des anciennes métropoles coloniales et plus généralement des pays du Nord, ont conditionné les premiers usages influencés par les modèles - entendus comme des exemples à imiter (outils et usages) - introduits avec les techniques nouvelles d'information et de communication.

Dans le domaine des médias, il s'agit de transferts de modèles plus que de modèles de transfert parce que les sociétés africaines n'ont pas eu la maîtrise de l'implantation des médias, opérée soit sous la colonisation pour la presse écrite et la radio, soit après pour la télévision mais avec la coopération étrangère.

L'apparition et la réception des médias ont entraîné des situations différentes selon les médias, selon les sociétés africaines et selon les zones dites anglophones ou francophones, et même à l'intérieur de chaque zone.

Si la mondialisation accentue souvent sur les médias africains l'emprise des modèles extérieurs à l'Afrique, les radios de proximité présentent un modèle et même le principal modèle d'appropriation africaine d'un média. Peut-on parler d'un modèle autochtone ? Deux réflexions préliminaires sont nécessaires. Il ne s'agit pas d'un modèle uniforme tant la diversité des sociétés africaines met en garde contre toute généralisation hâtive ; traditions ancestrales et religieuses, facteurs historiques, environnement climatique, situations géographiques donnent des physionomies différentes. On ne peut séparer les médias des sociétés dans lesquelles ils se diffusent. Ils ne forment pas un système autonome, mais participent à la fois aux systèmes politique, économique et culturel qui sont aussi influencés par des modèles extérieurs.

Face à cette diversité, peut-on parler d'un modèle africain de média au sujet de ces radios qui ne représentent qu'un élément du paysage radiophonique africain ? J'essaierai de montrer que si ce modèle présente de multiples formes, il n'en représente pas moins une appropriation d'un transfert de technique de communication à la fois par ceux qui émettent et par ceux qui écoutent les émissions, tant par l'emploi des langues africaines que par les implications de l'auditeur dans les contenus de ces émissions où l'on retrouve la diversité des sociétés africaines.

Ni la presse, ni la télévision ne présentent une même originalité. La presse écrite, encore aujourd'hui très inégalement implantée, a pu donner lieu à une appropriation dans les pays où elle a été utilisée par les Africains depuis plus d'un siècle comme au Nigeria, en Afrique du Sud ou dans ce qui devint le Ghana. Mais elle reste limitée à des catégories sociales restreintes, les plus instruites en raison de l'alphabétisation encore limitée en dehors des villes et de la publication majoritairement en langues internationales. Même quand il existe une presse quotidienne ou hebdomadaire en langue africaine, elle est moins diffusée que la presse en langue anglaise au Kenya ou en Afrique du Sud. Dans ces pays comme le Nigeria ou le Ghana, et à un moindre degré dans la zone francophone (où la libéralisation de la presse fut bien plus tardive, dans les années 1990), les journaux se sont bien intégrés dans la vie des pays mais ils restent très influencés par le modèle occidental, dans leurs sources d'information (les grandes agences de presse) et aussi dans les thèmes d'actualité. La mondialisation de l'information a contribué à la vague de démocratisation et d'alternance politique au début des années 1990 avec l'explosion d'une presse nouvelle, distante des pouvoirs en place, s'inspirant des formes et des idéologies des démocraties occidentales, surtout en Afrique francophone avec un mimétisme souvent peu adapté aux réalités africaines ; ainsi la nouvelle presse se focalise sur les élections sans se soucier des droits des minorités.

Quant à la télévision, longtemps monopole d'Etat, quand elle a été libéralisée, elle a surtout développé la diffusion d'émissions étrangères, aggravant les inégalités. Elle est le média qui subit le plus l'influence des modèles étrangers, accentuée par les facilités techniques qui permettent un accès peu coûteux aux chaînes étrangères. L'émergence d'un modèle africain spécifique au cours des années 1970, notamment au Nigeria et au Ghana, s'en est trouvée ralentie. Actuellement l'Afrique du Sud peut, à peu près seule, présenter un modèle africain d'émissions de télévision. La télévision y avait joué un rôle important dans la période de transition démocratique entre 1990 et 1993.

La radio qui s'affirme, de plus en plus, comme le premier média en Afrique subsaharienne, présente aussi un transfert de modèles qui restent encore souvent dans la ligne des radios occidentales. La libéralisation, à ses débuts, a surtout concerné les radios internationales, BBC ou RFI, qui ont pu diffuser en FM des capitales puis des autres grandes villes, ce qui amplifie leurs audiences. Le poids des radios extérieures s'est ainsi accru. Les radios publiques, au lendemain des indépendances, avaient bénéficié du monopole qui en avait fait un instrument des gouvernements en place. La fin du monopole et la libéralisation de la radio, souvent tardives, ont, inégalement, réduit l'influence de la radio publique selon les pays. Si la radio publique nationale est l'objet d'une appropriation, c'est encore au profit plus des gouvernements que des sociétés africaines.

L'apparition de radios indépendantes a été plus ou moins lente. Elle a commencé à la faveur de changements politiques importants au Mali, à Madagascar et en Afrique du Sud au début des années 1990. Mais la plupart des gouvernements ne se sont dessaisis que lentement de leur monopole, redoutant l'exemple de l'explosion incontrôlée des titres de la presse écrite à la même époque.

Le modèle de radio autochtone présenté plus loin est l'objet d'une appropriation par la communauté de leurs auditeurs, mais l'appropriation de la radio par les sociétés africaines se retrouve aussi sans représenter un modèle original soit dans des radios privées, soit dans des radios publiques locales (notamment dans les radios régionales au sein de la SABC, la radio publique d'Afrique du Sud). Diffusant en langues africaines, elles s'identifient aux populations qui les écoutent

L'appropriation par les sociétés africaines caractérise aussi des radios privées commerciales ayant obtenu l'autorisation d'émettre en FM, appartenant à des Africains, émettant, au moins partiellement, en langue africaine, diffusant le plus souvent, des Avis et communiqués, comme les radios publiques. Mais ces radios associant nouvelles et musique, parfois talk-show, ne représentent pas un modèle original. Elles restent influencées par le modèle occidental.

 

I - Diversité des radios de proximité.

Ce qui est nouveau et qui permet de parler d'africanisation de la radio - c'est-à-dire de prise de distance envers le modèle occidental - par rapport à la presse écrite et la télévision, c'est l'apparition et le développement de radios de proximité et de communautés offrant un modèle africain original qui ne rentre ni dans le modèle libéral, ni dans le modèle néo-marxiste. Elles présentent des similitudes avec les radios de proximité d'Amérique latine, mais avec les originalités propres aux sociétés africaines. Selon un état dressé par TRAACE (1) au début de 2005, le nombre de radios communautaires et associatives en Afrique variait entre 327 et près de 500.

Ces radios - qui ne représentent souvent qu'une partie minoritaire souvent de la réception radiophonique - sont le résultat, elles-mêmes, de transfert technique et partiellement de transfert de représentations, mais présentent aussi un modèle d'appropriation africaine de la radio qui me paraît être la principale appropriation africaine d'un média sur une large échelle. Cette appropriation des radios de proximité par les sociétés africaines présente, avec des aspects variables, des traits communs : participation des auditeurs à la vie de la radio, espace commun à la production des émissions et à leur réception, le plus souvent dans la langue habituelle des auditeurs, la radio constituant le moyen d'expression d'une communauté et pas seulement un moyen d'expression pour la communauté. Toutefois, même dans ces radios, joue la diversité des sociétés africaines, de leurs influences et de leurs trajectoires historiques. Cette diversité est à la fois géographique, juridique et structurelle, thématique et sociale.

La diversité géographique joue à un triple niveau : entre les Etats, quelques-uns comme le Zimbabwe, la Guinée ou la Mauritanie n'avaient pas encore autorisé en fait des radios indépendantes, d'autres limitent les autorisations tandis que d'autres Etats comme le Mali, Madagascar, l'Afrique du Sud, le Niger, le Burkina Faso, le Ghana ont multiplié les autorisations. Au sein des Etats, des différences existent entre citadins des grandes villes, disposant d'un accès à plusieurs médias et à plusieurs radios, et ruraux et habitants des petites villes pour lesquels la radio est le seul média accessible tous les jours, n'ayant souvent accès à un média dans leur langue que par la radio de proximité. Diversité enfin selon le milieu naturel, savane, forêt, zone côtière ; entre une radio du nord du Niger, de populations d'éleveurs nomades et une radio rurale de pêcheurs ou d'agriculteurs du Ghana ou du Congo, les préoccupations sont inévitablement différentes.

Les diversités juridiques et structurelles concernant leur statut introduisent de nombreuses différences dans le degré d'autonomie de ces radios. Il existe des radios locales communautaires dans le cadre de radio publique, des radios communautaires dans les villes, soit privées, soit municipales (comme en Côte d'Ivoire), soit associatives, des radios rurales ou locales communautaires publiques ou associatives, des radios communautaires religieuses.

L'existence de Conseil supérieur de l'audiovisuel ou autre haute autorité, attribuant les autorisations, permet de retrouver, dans les textes d'autorisation d'émettre ou d'attribution de fréquence à l'origine de ces radios, ce qui peut leur donner un caractère communautaire ou associatif. Mais, la définition des statuts reste souvent ambiguë, les significations ne sont pas les mêmes dans les zones dites francophone ou anglophone (incluant l'Afrique du Sud). Plus effectif que l'interprétation du statut, joue le rapport de ces radios avec les pouvoirs en place, pouvoir politique central, pouvoirs locaux et aussi les relations avec les ONG et les organismes internationaux qui, souvent, contribuent à leur implantation, à leur enracinement et à leur financement.

Diversité enfin de leurs objectifs à travers leurs émissions et leurs auditeurs. Parce qu'elles se veulent communautaires et associatives, leur auditoire est déterminant de leur caractère ; la plus grande distinction est celle entre les radios rurales et les radios en milieu urbain. Les différents aspects se recoupent, mais, la principale différence est géographique entre grandes villes, où l'accès aux médias est multiple et l'audience des radios communautaires volontaire et minoritaire, et zones rurales et petites villes où les radios sont souvent les seuls médias régulièrement accessibles. Ici, la radio communautaire - quand elle existe - draine la plus forte audience, ce qui renforce l'identification de l'auditeur à la radio de proximité. C'est aussi la raison pour laquelle les radios rurales ont retenu l'attention des gouvernements des Etats ainsi que des organisations internationales comme la FAO ou les ONG.

Les radios rurales sont passées en Afrique par plusieurs étapes et présentent encore aujourd'hui des caractères différents selon des statuts très divers. D'abord conçue pour les ruraux, la radio rurale ne s'est véritablement intégrée dans ces sociétés rurales que lorsqu'elle a été aussi produite, au moins partiellement, par les ruraux, avec des ruraux. Nous ne parlerons pas ici des services de radios rurales qui existent encore dans plusieurs radios publiques, diffusant des programmes de vulgarisation agricole, ni des radios agricoles ou des radios éducatives dont les clubs d'écoute collective accompagnent les émissions. Mais certaines radios communautaires rurales sont intégrées dans le service public ; c'est le cas de la plupart des radios mises sur pied ou prises en charge par l'Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), intégrée dans l'Agence Internationale de Francophonie. Qu'elles soient ou non incorporées dans le service public de la radio nationale importe peu ; ce qui donne leur caractère est leur gestion par un comité local, s'appuyant le plus souvent sur des associations locales, l'appartenance à une communauté de laquelle les auditeurs sont issus.

Les statuts des différentes radios communautaires varient d'un pays à l'autre. Même sans lien officiel avec les pouvoirs publics, les radios communautaires restent sous le contrôle de l'autorité publique, ne serait-ce que par la nécessité d'avoir une autorisation d'émettre et l'attribution d'une fréquence. Ce contrôle est variable ; il peut se manifester par des suspensions ou des interdictions, plus sensibles pour les radios des villes, ainsi Radio Nomade à Agadez au Niger, suspendue en février 2003.

La radio rurale communautaire n'est pas seulement un média, c'est l'expression d'une communauté, outil de communication autant que d'information, c'est pourquoi elle peut apparaître comme un modèle autochtone africain. Nous voudrions illustrer cette diversité des radios communautaires et associatives par quelques exemple de radios rurales et de radios de ce type dans les villes (2).

Penc Mi, établie à Fissel au Sénégal est la première radio rurale communautaire de ce pays, lancée en juin 1996 par trois organisations paysannes de la région de Mbour avec l'aide d'une ONG anglaise, Oxfam. Interrompue quelque temps à la fin de 1999, elle est à nouveau très active, gérée par un conseil d'administration de 18 membres élus par l'assemblée générale des trois associations fondatrices. Elle a un personnel permanent de 7 personnes et bénéficie de la participation de 8 animateurs qui travaillent aussi dans les organisations paysannes. Elle dispose d'un local de 5 pièces. Ses émissions, diffusées neuf heures trente par jour, en sérère, en wolof, en pulaar ainsi qu'en français s'adressent à douze communautés rurales ainsi qu'à deux communes, à la limite des départements de Mbour, de Thiés et de Bombey. Son budget est de 10 à 12 millions de FCFA ; ses ressources viennent de contrats avec des ONG pour la diffusion d'émissions de sensibilisation, du revenu des   et d'une subvention de l'Etat, de deux millions en 2002

Parmi les radios communautaires rurales certaines ont une origine publique ; nous avons retenu le cas de l'une d'elles qui a évolué vers un type communautaire. Il s'agit de la radio rurale locale de Banikoara dans le Nord du Bénin, établie en mars 1994 avec l'aide de l'ACCT. Elle est située dans la ville, une sous-préfecture, au centre d'un district de quelque 250 000 habitants, producteur de coton. C'est l'Union sous-préfectorale des producteurs de coton (USPP) qui finança la construction du bâtiment de la radio. Celle-ci s'appuie sur l'ACOODER (Association coopérative pour le développement rural). La radio est dirigée par un comité local de gestion de 19 membres, représentants les dix communes et les deux associations déjà citées. Le personnel est composé d'une dizaine de personnes. La radio invite les coopératives et les associations locales à envoyer un représentant pour produire et présenter un programme. La radio avait créé en 2002 des sociétés d'auditeurs dans une cinquantaine de villages et multiplie les émissions de débats, d'interviews, de tables rondes. Elle utilise principalement la langue bariba, le peul et le dandi, mais aussi le français. Elle diffuse le matin de 6 h. à 9 h. et l'après-midi, puis de 18 h. à minuit, elle rediffuse des émissions reçues par satellite. Ses émissions portent sur la santé, l'environnement, la production agricole, la femme, la sécurité routière, l'éducation civique. La radio organise un concours avec le ministère de l'Education et l'UNICEF pour récompenser l'école locale qui a admis le plus de filles dans le district. Son budget, 7 millions de FCFA en 2001, provenait de contributions d'auditeurs, de commerçants, de l'hôpital, d'Eglises, de coopératives. Elle disposait de quelques ressources publicitaires et offrait ses services à différents ministères. L'UNESCO a établi à ses côtés un centre communautaire multimédia permettant l'accès à Internet et à un télécentre. L'électricité est fournie par un système solaire.

Ses principales difficultés viennent d'infiltration de son comité par des partis politiques en 2000, du fait que certaines zones ne sont pas atteintes pour collecter l'information locale et de la mauvaise liaison par téléphone. Si beaucoup de radios rurales sont établies dans des villes, on en trouve aussi dans de gros villages. À Diafarabé, sur les rives du Niger au Mali, dans une zone isolée par les pluies certains mois, une radio a été ouverte en août 2003 avec l'aide de l'USAID (United States Agency for International Development). Peu après de fortes pluies firent craquer la digue qui protége et le village fut envahi par les eaux durant la nuit. Grâce à deux jeunes témoins de ce déluge, la radio diffusa aussitôt des messages qui permirent aux villageois de sauver leur bétail entraîné vers les hauteurs.

Les radios communautaires dans les grandes villes présentent aussi une grande diversité. Ainsi, Radio Oxy-Jeunes ou Oxygène, formée en juin 1999 à partir d'une association Forum-Jeunesse Sénégal lancée après le Forum mondial de la Jeunesse tenu à Dakar en 1991. Son initiative soutenue par le président Diouf lui permit d'avoir une fréquence et une ONG canadienne, Développement et Paix, finança son installation tandis que la mairie de Pikine cédait un local. Les promoteurs de cette radio tinrent des débats dans les quartiers pour connaître les préoccupations des habitants avant de commencer à émettre. Cette radio diffuse en six langues. Elle a des cellules dans les quartiers de Pikine pour drainer l'actualité locale. Son audience de la veille est faible à Dakar, plus forte à Pikine (7,9% d'un échantillon représentatif), principalement des moins de 35 ans, peu instruits.

En Afrique du Sud, les radios communautaires sont très présentes, surtout dans les villes. En 1998 elles totalisaient, dans la semaine, 2 300 000 auditeurs, un dixième des auditeurs réguliers de la radio ; en septembre 2004, le nombre d'auditeurs dans la semaine était de 5 665 000, soit le cinquième des auditeurs de radio. On trouve des radios très ciblées, comme Alex FM située à Alexandra, au nord de Johannesburg, établie en 1995 avec l'aide de la Fondation Soros et d'une ONG catholique hollandaise. Elle arrivait à s'autofinancer au bout de quatre ans avec des publicités locales et était écoutée par des Noirs parlant sotho, zoulou ou tswana. Dans un autre township de Johannesburg, Jozi FM fondée en 1995 sous le nom de Soweto Community Radio avant de fusionner avec deux autres radios en 1999, aidée par la Fondation allemande Ebert et par la municipalité, a 436 000 auditeurs dans la semaine (3). Elle diffuse surtout ses programmes locaux, mais aussi des programmes payés provenant des administrations ou d'ONG, représentant 80% de ses revenus, 20% venant de la publicité. Elle est gérée par un bureau de direction élu et elle a un comité de 30 membres pour l'élaboration des programmes (4).

Dans d'autres pays, comme le Mozambique, des radios communautaires sont établies par des Eglises. Une autre catégorie concerne les radios de femmes que l'on trouve dans différents pays. Par exemple à Mbalmayo au Cameroun Radio Femme FM s'est établie en 1999 avec l'aide de l'UNESCO et des autorités locales. La coordonnatrice du projet indiquait « qu'il a fallu arbitrer les rivalités entre associations, entre classes d'âge, dans la mise en place d'un comité de gestion » (5).

 

II - Les radios de proximité, modèle autochtone.

La radio de proximité, surtout en milieu rural, présente à la fois des emprunts à l'extérieur et des éléments qui lui sont propres ; c'est un modèle d'acculturation sans aliénation culturelle alors que les médias représentent le plus souvent un exemple de mimétisme.

Les emprunts à l'extérieur, c'est d'abord la technique, avec ses aspects les plus modernes associant modulation de fréquence, téléphone mobile et dans quelques cas Internet (en Afrique du Sud notamment). L'intérêt d'Internet n'est pas dans une éventuelle et coûteuse diffusion on line mais dans la connexion permettant aux radios d'échanger un courrier électronique et de recevoir des éléments d'information et d'émissions, de la documentation adressée par différents organismes et traitée pour être diffusée.

C'est aussi l'idée même d'une radio de proximité parfois, par exemple au Mali, l'initiative de Maliens travaillant ou ayant travaillé en France. Ainsi la station malienne Radio Tabale résulte de l'initiative de deux frères qui avaient travaillé à Radio Galère à Marseille et la radio malienne bénéficia de l'aide d'une radio d'Angers, Radio Gribouille. C'est la révélation des expériences sud-américaines des radios communautaires présentées au Forum Mondial de la Jeunesse à Dakar en 1991 qui donna l'idée d'une radio de jeunes aboutissant à la création de Radio Oxy-Jeune à Dakar-Pikine en 1999.

Un autre aspect, c'est la coopération soit financière, soit au niveau de la formation des animateurs, soit en matière de documentation, fournie par des ONG ou des associations étrangères ou locales, parfois internationales comme la FAO ou l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie. Pour transmettre une information utile aux populations, ces radios de proximité représentent un des meilleurs vecteurs de communication. Aussi sont-elles utilisées, notamment dans le domaine de la santé, par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). La radio joue un rôle de substitution par rapport à l'éducation pour ceux (notamment les agriculteurs) qui n'ont pas pu aller à l'école. Elle sert de relais entre les agriculteurs et les vulgarisateurs ; en associant l'agriculteur à sa programmation, la radio peut le mobiliser pour des travaux communautaires, ainsi a-t-elle été utilisée, par exemple au Tchad, pour lutte contre la pratique des feux de brousse (6).

Les éléments marquant l'appropriation locale, c'est d'abord l'usage de la langue des populations auxquelles elle s'adresse. Dans un livre sur Langues, média, communautés rurales au Cameroun, publié en 1999, Jean-Pierre Yetna considérait « que la promotion des communautés rurales passe par la promotion des langues nationales ». Il se demandait « si l'échec des transferts de technologie du Nord vers le Sud ne repose pas en partie sur la langue », estimant que la langue, pour le paysan, est « ce qui exprime le mieux l'appartenance à la communauté » (7). Que les Africains comprennent le plus souvent deux ou trois langues africaines tempère les difficultés provoquées par la multiplicité des langues. Quant à la langue internationale considérée comme la langue officielle (anglais, français ou portugais selon le pays), dans beaucoup d'Etats, elle est assez bien comprise et parlée dans les grandes villes, mais beaucoup moins dans les campagnes où une minorité seule, parfois très réduite, peut suivre à la radio une émission en anglais ou en français.

L'appropriation locale c'est aussi le fait de la communauté entre ceux qui parlent à la radio et ceux qui les écoutent. C'est la communication portant sur des problèmes de la vie quotidienne, introduisant des connaissances extérieures en vue d'apporter une amélioration à la vie quotidienne ou une remise en question d'une situation en matière de santé, d'alimentation, de travail ou de rapports sociaux. Ce qui amène à différencier les radios qui sont situées en milieu rural, s'adressant à toute la population et les radios communautaires des grandes villes dont l'audience, minoritaire, correspond à un segment de la population ; c'est très sensible pour des radios de jeunes comme Oxy-Jeunes.

Il en résulte que la radio, à la fois ce qu'elle émet et son local connu de ses auditeurs, représente un espace commun, un espace de médiation qui peut, selon les cas, être un espace public pouvant ouvrir un dialogue entre communautés et opinions différentes. Elle peut aussi se limiter au sein d'une communauté, soit pour offrir un espace commun entre les générations, soit pour dynamiser des intérêts ethniques ou religieux ou économiques pouvant être source de conflits. C'est dans ce contexte que se situe la relation entre radio de proximité et démocratisation entendue au sens de socialisation, d'intégration des populations dans la vie nationale. Les radios de proximité peuvent offrir un espace public quand les conditions et les composantes d'un espace public africain sont remplies.

Un des principaux arguments avancés en faveur des radios de proximité est leur rôle en faveur de la démocratisation. Encore faut-il s'entendre sur le sens donné à un mot emprunté au monde occidental et dont les connotations et les contextes sont étrangers aux sociétés africaines. À juste raison, Mathurin C. Houngnikpo, un Béninois, écrit que : « L'acceptation occidentale de la démocratie ne coïncide pas avec les données historiques et sociologiques d'une société aussi kaléidoscopique que la société traditionnelle de l'Afrique Noire » (8). Croire que les radios de proximité puissent produire le modèle idéal de la démocratie, aussi bien sous sa forme française mettant l'accent sur une égalité mythique (ni réalisée, ni réalisable) que sous sa forme américaine mettant l'accent sur la liberté, c'est aller à l'encontre de la réalisation d'un modèle africain de ce qui pourrait être une radio de proximité originale.

Mon propos ne signifie nullement que les sociétés africaines ne peuvent pas être démocratiques mais qu'il est illusoire ni souhaitable de vouloir les couler dans le moule du modèle occidental. Leur valeur première est la solidarité, plus que la liberté et plus encore que l'égalité. Ce qui ne signifie pas que ces deux dernières n'ont pas leur place dans ces radios et d'une façon générale dans les sociétés africaines. Ces valeurs apparaissent principalement sous deux aspects : l'égalité avec la place de la femme, ce qui explique le nombre croissant de radios créées par des femmes et pour les femmes, et la liberté d'expression pour l'individu, dans la mesure où son identité n'est pas imposée par le milieu social mais construite par lui, un problème qui reste souvent en suspens en Afrique. « C'est grâce à la radio que la situation de la femme a changé. On est plus libre maintenant » a déclaré Bignou Messouna présidente d'une association de paysannes qui anime l'émission « Pour les femmes » à la radio de Banikoara.

Il en est pour la relation entre radio de proximité et développement, comme pour la démocratisation ; la radio introduit des idées et des conseils pratiques que ses auditeurs doivent assimiler et s'approprier pour les utiliser efficacement, que ce soit en matière de santé, d'environnement, d'économie ou de gestion, car, selon l'expression de Michel Rocard « le développement se conquiert, il ne se parachute pas » (9).

La radio présente un espace commun, au sens d'Hannah Arendt, non seulement pour ce qui se dit à la radio mais aussi parce que ce qui se dit à la radio nourrit les conversations, les discussions, la rumeur au point que celle-ci est appelée Radio-trottoir dans plusieurs pays. Cet espace commun, que présentent les émissions, ne concerne pas seulement les radios de proximité, ni les seules émissions de débat, les Avis et Communiqués, les nouvelles nécrologiques se retrouvent aussi dans beaucoup de radios publiques ou privées commerciales.

Le modèle de radio de proximité est original surtout s'il n'essaie pas - pour se concilier des appuis internationaux - de vouloir imiter les caractères des démocraties occidentales, plaquées sur ses comportements traditionnels. Et c'est un élément nouveau enfin que l'expression par la radio locale d'une identité cherchant un équilibre entre tradition et innovation.

L'appropriation de la radio se concrétise par l'étroite relation entre production et réception, que ce soit au niveau des structures et de la gestion (par exemple avec des associations paysannes comme Radio Mampita à Madagascar) ou au niveau des émissions elles-mêmes quand des auditeurs y participent. L'exemple des radios communautaires du Burkina Faso le montre ; ainsi Radio Munuy, à Banfora, 17 personnes l'animent et elle diffuse principalement en dioula ; 95% de ses émissions lui sont propres. Plusieurs d'entre elles renforcent l'identité culturelle, que ce soit, entre autres, « Regard sur le passé », établie avec des anciens, ou la carte postale sur la présentation d'un village de son aire de diffusion. Les émissions sur la santé occupent deux heures par semaine. Benkadi FM à Tansila, animée par neuf personnes, ne diffusant que 42 heures par semaine, produit tous ses programmes diffusés à 80% en dioula. On y trouve des contes aussi bien que des émissions sur droits et devoirs, sur la santé, l'élevage ou la vie des associations. Manegda FM à Kaya, avec 12 personnes diffuse presque uniquement en mooré, produisant 60% de ses émissions notamment sur la santé et la vie associative, pour le reste elle diffuse beaucoup d'émissions fournies par l'Institut Panos, provenant souvent d'autres radios africaines (10). Radio Vive le Paysan à Saponé existe depuis 1995, produisant 85% de ses programmes, diffusés pour les trois quarts en mooré, avec des émissions sur la santé, l'histoire des villages, des contes et légendes, du théâtre ; une émission « Zaan teengré » est consacrée à la critique de la société. Huit personnes la font vivre

Ce modèle des radios de proximité peut promouvoir un espace public pour retrouver le consensus cher aux sociétés africaines, mais il peut aussi connaître des dérives soit que la libre discussion ne débouche pas sur l'action ou freine les innovations, soit qu'elle soit récupérée par des forces communautaires ethniques ou religieuses exclusives ou par des partis politiques pour aggraver les antagonismes.

La confirmation de l'originalité d'un modèle africain de radio de proximité nécessite des monographies de radios étudiées comme le fut Radio Munyu par un étudiant de l'université du Burkina Faso (11). Locales. L'appropriation de ce type de radio par les sociétés africaines n'empêche pas qu'existent des différences sensibles selon les zones d'influence anglaise, française ou portugaise. Dans les zones dites francophones, il semble que les radios de proximité soient plus culturelles, c'est-à-dire couvrant les aspects les plus larges des activités quotidiennes, alors que dans les zones anglophones, elles mettent plus l'accent sur les activités économiques et sociales, notamment agricoles. En Afrique du Sud, le caractère de radio de proximité se retrouve actuellement aussi bien dans des radios de service public de la SABC que dans des radios communautaires soit en ville soit en milieu rural. Mais il ne s'agit que de tendances, chaque radio a son caractère propre, notamment dans son rapport au pouvoir et dans son rapport de pouvoir au sein de la communauté.

Après une période d'effervescence et de création, se pose la question de la persistance de la radio, de sa durabilité qui s'accompagne parfois de la constitution de réseaux comme il s'en établit dans de nombreux pays, notamment au Sénégal. L'insertion d'une radio dans un réseau inévitablement la transforme, ne serait-ce que par les contacts qu'elle entraîne. Deux types de réseaux se sont constitués : l'un coordonné par des organismes extérieurs de coopération comme le CTA (Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale) (12), l'Agence de presse Syfia (13) ou le réseau de Radio rurale de la Francophonie en relation avec le CIERRO (Centre interafricain d'études en radio rurale de Ouagadougou) (14), l'AMARC (15), des ONG comme l'Institut Panos (16). L'autre type comporte des radios africaines, dont la logistique est parfois assurée par des ONG ou des organisations internationales. Le plus important est le SACRIN (17), un réseau sud-africain d'information pour les radios communautaires, en rapport avec le CINSA (18) ; ils utilisent l'audionumérique, le satellite et Internet. Un autre réseau, l'URTEL, l'Union des radios et télévisions libres du Mali, créé en 1995, avait 104 affiliées en 2000, pour moitié des radios (19).

L'harmonie entre l'innovation et la tradition, entre l'ouverture sur l'extérieur et l'identité propre des radios, est illustrée par les multiples opérations de formation et d'information rassemblant des participants venus de plusieurs radios. Outre la solidarité que de tels ateliers renforcent entre les radios, des améliorations sont ainsi introduites dans la gestion et dans les émissions. Ainsi une formation à Cotonou de responsables de radios rurales et privées du Bénin sur la méthode de recherche participative en vue de l'étude de l'auditoire s'est tenue du 30 septembre au 9 octobre 2002 ; un atelier à Mehanna a rassemblé des responsables et animateurs de 10 radios communautaires du Niger fin janvier 2005 sur le thème : « Médias et conflit ».

Conclusion

Modèle autochtone durablement ou modèle d'une appropriation autonome de la radio par ses auditeurs, comme dans d'autres régions, les évolutions inévitables et même souhaitables peuvent s'effectuer en plusieurs sens. Elles le peuvent en raison des problèmes financiers, qui menacent souvent l'existence de ces radios, que ce soit la maintenance technique, les salaires et rémunération, les frais de fonctionnement pour les dépenses, les sources de financement pour les recettes (avis et communiqués, émissions diffusées d'organismes religieux ou internationaux, subventions...) ; ou bien en raison de ressources humaines, la vitalité d'une radio est souvent liée à la volonté et à l'énergie de quelqu'un ou d'un petit groupe. Les radios qui bénéficient le plus d'aide extérieure se professionnalisent, s'institutionnalisent, s'intègrent dans des réseaux, s'assurant une durabilité bénéfique si elles maintiennent le contact direct avec la communauté d'audience. Pour cela il est souhaitable que la radio puisse s'autofinancer, que ce soit avec les services rendus aux auditeurs ou avec les associations paysannes ou autres qui contribuent à leur gestion.

Si les radios de proximité présentent un modèle africain de média, c'est parce qu'elles offrent un équilibre entre tradition et modernité, fragile comme tout équilibre. Elles peuvent connaître des dérives, liées à la tradition, si la radio renforce les situations locales, les préjugés, le repli sur les solidarités ethniques en redoutant les changements, liés à la modernité ; mais aussi, si, trop dépendante de leur assistance financière, la radio adopte pour les attirer une modernisation de façade de « démocrates de convenance» (20).

La principale difficulté, pour ces radios, ainsi, est de maintenir un équilibre entre l'ouverture sur l'extérieur et la modernité qu'elles peuvent représenter par les informations qu'elles s'approprient et qu'elles communiquent et le maintien du lien social qu'elles établissent avec et entre leurs auditeurs. Leur succès les menace d'être instrumentalisées et détournées de leur caractère originel, leur échec et leur déclin les menacent de disparition. Leur durabilité est liée surtout à la persistance de l'attrait et de l'utilité de leurs émissions et à leur aptitude à répondre aux besoins d'information et d'expression sur leurs problèmes des communautés d'auditeurs à l'origine de leur création.

André-Jean Tudesq, Bordeaux, avril 2009

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NOTES

1 Toutes les Ressources pour les Radios Africaines Associatives Communautaires et Educatives : http://www.mediafrica.net/
2 On trouvera plus d'illustrations dans notre livre, l'Afrique parle, l'Afrique écoute : la radio en Afrique subsaharienne, éd. Karthala 2002.
3 Site de la SAARF (South African Advertising Research Foundatio) en Afrique du Sud sur Internet : http://www.saarf.co.za/
4 La documentation la plus actualisée sur ces radios se retrouve principalement sur des sites d'Internet, notamment ceux d'Allafrica, de l'AMARC, de la FAO, de l'Institut Panos et de nombreuses radios.
5 Radio Action, juillet-septembre 1999
6 Atelier international sur la radio rurale, Rome février 2001, site internet de la FAO.
7 Yetna (Jean-Pierre), Langues, média, communautés rurales au Cameroun : essai sur la marginalisation du monde rural, Paris : L'Harmattan, 1999
8 Houngnikpo (Mathurin C.), L'illusion démocratique africaine, Paris : L'Harmattan, 2004, p. 112.
9 Rocard (Michel), Pour une autre Afrique, Paris : Flammarion, 2001
10 Tionon (K. Justin), Audit de la radio communautaire au Burkina Faso, Ouagadougou: AMARC, 2004.
11 Bagassi (Koura), Radio communautaire et de développement local, le cas de Radio Munyu de Banfora, Mémoire de l'Université de Ouagadougou, 2004.
12 http://ruralradio.cta.int/fr/
13 http://www.syfia.info/
14 http://www.fao.org/docrep/003/x6721f/x6721f28.htm
15 http://africa.amarc.org/index.php?p=home&l=FR
16 l'Association Mondiale des Radios Communautaires ; http://www.panosparis.org/
17 South African Community Radio Information Network ; http://www.ncrf.org.za/
18 Community Information Network for Southern Africa ; http://www.cinsa.info/
19 http://urtel.radio.org.ml/
20 Toulabor (Comi M.), « Naissance du démocrate africain », Le Monde Diplomatique, octobre 2001 ; http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/TOULABOR/15696


 

Mis en ligne : 20/04/2009

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